Premier baiser

Quand on est enfant, la première chose que l’on fait c’est imiter. Imiter les parents, imiter les grands frères et les grandes sœurs. Donc il est normal que lorsqu’on voit les « grands » se témoigner leur amour par un bisou sur la bouche, qu’on fasse de même. Trop souvent ces même grands se donnent un baisé furtif, et donc il est normal que nous, les enfants nous en fassions de même. Lorsque j’étais enfant, je ne devais pas avoir plus de 7 ou 8 ans, j’avais une petite amie. Elle habitait en face de la maison de mes grands-parents, chez qui je me rendais tous les mercredi après-midi et pendant les vacances. Elle s’appelait Geneviève et elle avait une grande sœur de 7 ou 8 ans sont aînée. Lorsqu’on se voyait, et que nous étions seuls, nous nous donnions un timide bisou du bout des lèvres. Cela nous semblait tellement délicieux, et déjà ce simple smak mettais le feu à mon bas-ventre. Mais se voire comme ça une fois par semaine, c’est pas beaucoup. Alors que je m’entraînais à la salle de judo à proximité de ma vrai maison chez mes parents, souvent je voyais une fille rentrer chez elle. Elle devait être un rien plus âgée que moi. Vers mes 11 ou 12 ans, cette fille fit irruption dans ma vie, par le biais de ma sœur , de 2 ans ma cadette, qui elle pratiquait la gymnastique. Un soir, ma sœur revient à la maison; « Nous sommes invités à l’anniversaire de Cathy ! » annonça-t-elle à mes parents. « Vous êtes invités ? Ton frère aussi ?  » lui répondit maman.  » Ben oui, Cathy aimerait bien que Didier m’accompagne, … je crois qu’elle l’aime bien …  » « Et elle habite où ? » dit mon père toujours aussi pratique « Ben juste en face de la salle de judo, tu sais le grand immeuble à côté de la blanchisserie » Là mon sens ne fait qu’un tour, je crois que je n’ai pas pu m’empêcher de rougir. Le samedi après-midi suivant, nous nous rendons à l’anniversaire de Cathy. En entrant, elle ouvre la porte, oui, c’est bien elle … mignonne a crever. Une bise à ma sœur, et une bise à moi, déjà ça s’annonce fort, ses lèvres, effleurent les miennes et dépose un câlin à l’encoignure des miennes. L’après-midi se passe, au moment du traditionnel goûté, toute le monde chante, Cathy souffle ses 11 bougies. Elle a mon âge dis donc ! Puis, son père met la musique et tout le monde se met à danser. Paty La Belle et autre «  love will keep us together  » vont bon train, puis un slow, 10CC I’m not in love . Houlala pas mon point fort ça. « Tu veux danser avec moi ?  » « Heu, c’est à dire, … heu oui, oké » Nous voilà en train de danser, au milieu des autres. « Tu as déjà embrassé une fille ?  » « Heu .. ben oui  » « Ah! T’as une copine ? » « Ben pas vraiment » (sale petit menteur va !) et là, un furtif souffle sur mes lèvres et … non ce n’est pas un souffle se sont ces lèvres, mais aussi la fin du slow. Après la fête, nous rentrons chez nous. « Alors c’était bien avec Cathy ? » me demande ma sœur. « Ben oui, elle est chouette, pourquoi »  » Je vous ai vu vous embrasser »  » Mais t’es folle ? Mais non, on juste un peu parler » « Wouais wouais, t’es amoureux, et Gene alors ? » « Oh fou mois la paix, il ne se passe rien du tout merde à la fin, t’es chiante ma vieille ! » Quelques jours plus tard, je suis seul à la maison. On sonne. « Bonjour, c’est Cathy, est-ce que Véro est là s’il vous plait » « Non, je suis, tout seul » « Ha c’est toi, est-ce que je peux monter ? » « oui, bien sûre » J’appuie sur l’ouvre porte. « C’est au premier, montes » Elle monte, arrive sur le palier. Je la fait rentrer puis referme la porte. On se fait la bise, mais cette fois, elle ne manque pas l’occasion de tourner son visage, et c’est en plein milieu de la bouche que je reçois son baiser. Doux comme le vent, sucré comme un petit pain au chocolat. Je le lui rends, elle reste collée contre ma bouche, puis je sens une chaleur douce et humide se fondre sur les lèvres. Ma tête fait une petite embardée. « Ben quoi, tu n’as jamais embrassé une fille ou quoi ? » « Si si .. si si » Nos lèvres se rejoignent, nos bouches s’ouvrent légèrement, nos langues se cherchent, se touchent, se croisent, se caressent, s’emmêlent. Mon sang fait le tour de mon corps, et mets plus de temps que d’habitude car il a un membre en plus à alimenter maintenant …..
Roy Lichtenstein, Kiss II, 1964
Des baisers il y en eu encore beaucoup entre nous, mais ce sont d’autres filles qui profiteront des effets magiques du baiser mouillé. (c) 2002 Didier Seha

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